Qu'est ce que l'art-thérapie ?

C’est l'utilisation psychothérapeutique de la pratique artistique, et plus précisément du processus artistique.


Ce procédé créatif, travaillé dans un cadre précis, permet de s’exprimer, de développer ses facultés de communication et de relation.


Au cours de ce mouvement créateur, les tensions psychiques peuvent d'apaiser, se transfigurer, se socialiser.
Il s'agit alors d'un geste artistique qui permet de "dire" l'indicible, de gérer sa sensibilité et de soulager des fortes tensions émotionnelles.

 

Pour que ce processus créatif se métamorphose en travail thérapeutique, l'art-thérapeute met en place un cadre défini par les modalités de l'art-thérapie.


L’art devient alors un moyen, la thérapie un but.

 

Seule une personne dûment formée à synthétiser ces deux processus dans une seule et même activité pourra animer des ateliers d’art-thérapie. C’est en ce sens que cette pratique est spécifique, une profession à part entière, différente de l’animation d’un atelier d’art et différente d'une psychothérapie verbale.

 

En séance d’art-thérapie les œuvres ne sont pas analysées, protégeant ainsi le travail de l'inconscient au cours du processus de création. 


A qui s'adresse l'art thérapie ?

On peut distinguer plusieurs domaines d’intervention :

 

La souffrance psychologique

 

L’Art-thérapie aide les personnes présentant des troubles divers d’origine nerveuse ou psychologique.
Pour ceux n’ayant pas accès à la parole, cela peut être le seul moyen d’expression.
L’Art-thérapie est un accompagnement efficace dans les périodes difficiles de la vie : deuil, divorce, chômage, maladie, accident.
C’est un soutien au moment d’un nouveau choix de vie, d’une réorientation professionnelle ou personnelle, après une dépression.
C’est une aide pour les enfants présentant des troubles du comportement passagers ou durables, ou en échec scolaire.
Pour tout autre pathologie, l’Art-thérapie permet de canaliser l’activité mentale, de structurer l’espace intérieur, donner du sens aux sensations et aux émotions.
Pour la personne handicapée, son statut n’est plus primordial car l’accent est mis sur l’authenticité, le rayonnement de l’objet réalisé.
Enfin, c’est, par définition, le mode thérapeutique de ceux qui ont besoin de renouer avec la joie de s’exprimer, de partager, d’oser.

La souffrance sociale

 

L’Art-thérapie est de plus en plus couramment utilisée au profit des personnes en recherche d’emploi, chômeurs de longue durée, sans domicile, incarcérées.
En effet la réparation narcissique possible par une telle technique suivie d’un travail de création permet, au-delà d’une œuvre, de créer une autre image de soi, une autre vie.

 

La souffrance médicale

 

Elle concerne les personnes hospitalisées en long séjour. Agées, enfants, accidentés, chez qui les années d’hospitalisation altèrent l’espoir et la joie d’exister, pénalisant ainsi l’avancée de la guérison.
Là, l’Art-thérapie remet en jeu le processus de création et « l’en-vie ».

 

Le développement de la créativité

 

Artistes, cadres supérieurs d’entreprises, professionnels indépendants, enseignants doivent faire face à des situations en évolution permanente. L’adaptabilité et la créativité deviennent des conditions indispensables au maintien d’une activité professionnelle.

L’art-thérapie peut éliminer les freins à l’autodétermination et au développement d’une personne.

 


Comment se pratique l'art-thérapie ?

Toutes les techniques artistiques peuvent être proposées en atelier. La seule condition étant le choix judicieux d’une technique et son adaptation à un public défini.

 

L’Art-thérapie peut se pratiquer en groupe ou en séances individuelles.


La durée d’une séance peut aller d’une demi-heure à plusieurs heures selon qu’elle est individuelle ou qu’elle se déroule en groupe et selon la spécificité du public.


Les séances sont généralement hebdomadaires.
La durée minimum d’une prise en charge est de 10 séances.


Pour le patient, la maîtrise d’une technique artistique n’est pas nécessaire pour participer à un atelier d’Art-thérapie.

Alain Gleize, président de l'IRFAT

2016