Alain GLEIZE. Président fondateur de l’IRFAT
1. Formation
Cela signifie que les participants sont là pour apprendre. Ils s’investissent, ils doivent fournir un réel travail. Chaque fin d’année, ils participent à des examens lors desquels leurs compétences seront évaluées. Ce n’est pas eux qui seront évalués mais bien les compétences qu’ils ont acquises. La formation est payante, cela signifie que nous vendons une formation, et que nous ne vendons pas un certificat. Dans une civilisation toute entière tournée vers la consommation de biens et de services, ce concept peut être un peu difficile à accepter pour certaines personnes. Nous les considérons comme des étudiants, plus que des clients. La certification s’obtient par la soutenance d’un mémoire de recherche défendu devant un jury composé exclusivement de professionnels externes à l’institut de formation. Cette certification est validée par l’Etat sous la référence RNCP 41659 et par la référence QUALIOPI
L’IRFAT est spécialisé dans l’enseignement de l’art-thérapie et n’enseigne que cela depuis vingt-sept ans. Nous comptons vingt-huit formateurs art-thérapeutes, psychiatres, psychologues spécialistes des disciplines qu'ils enseignent à l'IRFAT. Les formations se déroulent en présentiel.
2 . Professionnelle
Nous enseignons la pratique d’un métier. A ce titre nous respectons les règles de la « Convention collective des organismes de formation »
https://code.travail.gouv.fr/convention-collective/1516-organismes-de-formation
C’est un métier qui consiste à accompagner, quelquefois sur de longues périodes, des personnes atteintes de pathologies psychiques très sérieuses. Nous affirmons, soutenu en ce sens par la fédération EPAT (Ecoles Professionnelles d’Art-Thérapie) https://www.federation-epat.fr/ à laquelle nous sommes affiliés, que les responsabilités de cette profession justifient, une formation comprenant au minimum un millier d’heures, comportant un enseignement en psychopathologie conséquent, des stages en institution de soin nombreux et supervisés par des professionnels, des mises en situations d’atelier dans lesquelles les étudiants s’impliquent, vivant ainsi de l’intérieur ce que représente un processus arthérapeutique.
La profession d’art-thérapeute est une profession de soignant à part entière. Elle ne bénéficie pas pour l’instant d’un titre protégé qui attesterait de véritables compétences. Des formations peuvent donc être proposées par des organismes peu informés sur le sujet, présentant des qualitatifs et des quantitatifs très éloignés des exigences d’un métier de soignant.
3. Art-Thérapeute
L’art-thérapeute propose à des personnes de participer à des activités artistiques dans un objectif thérapeutique.
Les compétences clés recherchées pour un art-thérapeute incluent une triple expertise :
- Artistique : Maîtrise d’une ou plusieurs disciplines artistiques (dessin, musique, théâtre, etc.) avec une capacité à adapter ces techniques aux besoins thérapeutiques.
- Scientifique : Connaissances solides en psychopathologie, compréhension des processus psychologiques et physiologiques liés à l’art-thérapie, et capacité à évaluer les impacts sur les patients.
- Relationnelle : Aptitudes à l’écoute, à l’empathie et à la communication. Ces compétences sont essentielles pour accompagner des publics variés en situation de vulnérabilité, tout en respectant une méthodologie rigoureuse : diagnostic, conception d’ateliers, évaluation des résultats.
En outre, la déontologie est un pilier fondamental.
L’art-thérapeute travaille dans des institutions médicales, psychiatriques, sociales, médico-sociales, ou en cabinet privé.
C’est l'utilisation psychothérapeutique de la pratique artistique, et plus précisément du processus artistique.
Ce procédé créatif, travaillé dans un cadre précis, permet de s’exprimer, de développer ses facultés de communication et de relation.
Au cours de ce mouvement créateur, les tensions psychiques peuvent d'apaiser, se transfigurer, se socialiser.
Il s'agit alors d'un geste artistique qui permet de "dire" l'indicible, de gérer sa sensibilité et de soulager des fortes tensions émotionnelles.
Pour que ce processus créatif se métamorphose en travail thérapeutique, l'art-thérapeute met en place un cadre défini par les modalités de l'art-thérapie.
L’art devient alors un moyen, la thérapie un but.
Seule une personne dûment formée à synthétiser ces deux processus dans une seule et même activité pourra animer des ateliers d’art-thérapie. C’est en ce sens que cette pratique est spécifique, une profession à part entière, différente de l’animation d’un atelier d’art et différente d'une psychothérapie verbale.
En séance d’art-thérapie les œuvres ne sont pas analysées, protégeant ainsi le travail de l'inconscient au cours du processus de création.
"L'art-thérapeute est peut-être ce compagnon qui partage le voyage, sans pour autant induire le chemin" (Joulia et Mize, l'Artiste Compagnon de Voyage)
C'est avant tout un professionnel qui, quel que soit son univers artistique, sa méthode, son approche, permet au patient de voir plus clair en lui, de faire la paix avec ce qu'il est, ce qu'il a vécu, ce qu'il vit, ce qu'il ressent.
Il l'aide à résoudre ses conflits inconscients, à défaire ses nœuds pour mieux comprendre son présent et avancer plus sereinement vers demain, à vider son fardeau pour avancer plus léger.
Lui donner les moyens d'oser être acteur de sa vie, c'est lui donner les moyens d'être en accord avec lui-même et avec les autres. Donner du sens aux choses, aux événements ou à un comportement, suffit parfois à un mieux-être, à comprendre qu'il n'y a pas de fatalité.
Ce ne sont pas tous événements qui sont importants, mais la manière dont nous les traitons, dont nous les abordons, oser en faire une force.
On peut distinguer plusieurs domaines d’intervention :
La souffrance psychologique
L’Art-thérapie aide les personnes présentant des troubles divers d’origine nerveuse ou psychologique.
Pour ceux n’ayant pas accès à la parole, cela peut être le seul moyen d’expression.
L’Art-thérapie est un accompagnement efficace dans les périodes difficiles de la vie : deuil, divorce, chômage, maladie, accident.
C’est un soutien au moment d’un nouveau choix de vie, d’une réorientation professionnelle ou personnelle, après une dépression.
C’est une aide pour les enfants présentant des troubles du comportement passagers ou durables, ou en échec scolaire.
Pour tout autre pathologie, l’Art-thérapie permet de canaliser l’activité mentale, de structurer l’espace intérieur, donner du sens aux sensations et aux émotions.
Pour la personne handicapée, son statut n’est plus primordial car l’accent est mis sur l’authenticité, le rayonnement de l’objet réalisé.
Enfin, c’est, par définition, le mode thérapeutique de ceux qui ont besoin de renouer avec la joie de s’exprimer, de partager, d’oser.
La souffrance sociale
L’Art-thérapie est de plus en plus couramment utilisée au profit des personnes en recherche d’emploi, chômeurs de longue durée, sans domicile, incarcérées.
En effet la réparation narcissique possible par une telle technique suivie d’un travail de création permet, au-delà d’une œuvre, de créer une autre image de soi, une autre vie.
La souffrance médicale
Elle concerne les personnes hospitalisées en long séjour. Agées, enfants, accidentés, chez qui les années d’hospitalisation altèrent l’espoir et la joie d’exister, pénalisant ainsi l’avancée de
la guérison.
Là, l’Art-thérapie remet en jeu le processus de création et « l’en-vie ».
Le développement de la créativité
Artistes, cadres supérieurs d’entreprises, professionnels indépendants, enseignants doivent faire face à des situations en évolution permanente. L’adaptabilité et la créativité deviennent des conditions indispensables au maintien d’une activité professionnelle.
L’art-thérapie peut éliminer les freins à l’autodétermination et au développement d’une personne.
Toutes les techniques artistiques peuvent être proposées en atelier. La seule condition étant le choix judicieux d’une technique et son adaptation à un public défini.
L’Art-thérapie peut se pratiquer en groupe ou en séances individuelles.
La durée d’une séance peut aller d’une demi-heure à plusieurs heures selon qu’elle est individuelle ou qu’elle se déroule en groupe et selon la spécificité du public.
Les séances sont généralement hebdomadaires.
La durée minimum d’une prise en charge est de 10 séances.
Pour le patient, la maîtrise d’une technique artistique n’est pas nécessaire pour participer à un atelier d’Art-thérapie.
